top of page
Rechercher

La leçon de la remorque

Une remorque est un ajout pratique lorsqu’il faut transporter une charge encombrante impossible à placer dans un véhicule. Toutefois, elle peut aussi devenir dangereuse. En situation de descente, par exemple, une décélération brusque peut provoquer une perte de contrôle : la remorque se met alors à zigzaguer de manière imprévisible. Plus elle est lourde, plus ces embardées sont marquées, entraînant souvent une perte de maîtrise du véhicule, parfois aux conséquences catastrophiques.


*Picture by Pixabay - TimHill


Cette image éclaire de façon frappante un terme employé en Ésaïe 65.2. Dans la TOB, le mot hébreu est littéralement rendu par « remorque ». D’autres traductions proposent : « au gré de ses idées » (Rabbinat français), « au gré de leur fantaisie » (Bible de Jérusalem), « qu’à leur tête » (Français courant). Le mot hébreu machashabah signifie : pensée, invention, désir, projet, dessein — parfois mauvais — voire complot. Tous ces sens renvoient à l’image d’une pensée qui entraîne l’homme, comme une remorque trop lourde derrière un véhicule.


Ce terme est central dans Ésaïe 65 : il en constitue la clé de lecture. Malgré l’accueil de Dieu envers son peuple (v.1), malgré le fait qu’Il tende les mains vers une nation infidèle, le peuple choisit d’agir « qu’à sa tête », selon ses propres pensées, ses désirs et ses projets. Dieu dresse alors un constat clair : ce peuple a agi contrairement à la loi (v.3-7) et s’est même cru plus « saint » que Dieu lui-même : « Ne me touche pas, car je suis saint » (v.5). Pourtant, Dieu a appelé, parlé, averti. Mais le peuple a fait le choix volontaire d’opter pour ce qui ne Lui plaisait pas (v.12), poussé par des pensées orgueilleuses.


Le mot machashabah revient fréquemment dans les Psaumes, les Proverbes, Ésaïe et Jérémie pour décrire des pensées « iniques », « vaines », ou encore des projets mauvais et rusés. Ces pensées entraînent l’homme dans une pente descendante : la remorque de ses pensées dépasse alors sa capacité de contrôle. Une fois la pensée amorcée, le péché s’installe, puis l’acte suit (Mt 5.28 ; Ph 4.8 ; 2 Co 10.5).


Comme une remorque incontrôlable, ces pensées entraînent toute l’existence dans leur embardée. L’homme peut croire être un enfant de Dieu — car Dieu s’adresse bien à des croyants en Ésaïe 65 — mais il demeure éloigné de Lui lorsqu’il vit selon ses propres pensées et désirs. Nous luttons tous contre le péché, mais celui qui se laisse diriger par des pensées charnelles non renouvelées ne Lui appartient pas (Jc 1.14-15). La suite du chapitre oppose clairement le sort de ceux qui sont à Dieu à celui de ceux qui ne le sont pas ; les conséquences sont directement liées à leurs comportements, eux-mêmes issus de leurs pensées.


Ce texte nous rappelle aujourd’hui que nous ne pouvons pas nous laisser conduire par des pensées vaines. Parfois, elles semblent bonnes, mais les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres (És 55.8-9). Dès que l’homme place ses désirs au centre, ses pensées ne viennent plus de Dieu.


Alors, comment rester connectés aux bonnes pensées ?


PAR LA CONSÉCRATION.


La consécration nous conduit à faire les sacrifices nécessaires et à reconnaître notre dépendance totale envers Dieu. C’est Lui qui peut nous aider à vaincre les pensées vaines et iniques. Cette reconnaissance nous rappelle que nous ne sommes rien sans Lui. Aucun de nous ne peut se croire supérieur ou excessivement sanctifié (v.5). L’orgueil laisse alors place à l’humilité, et cette humilité nous fait comprendre que nous avons besoin les uns des autres — car nous formons un seul corps — et surtout que nous avons besoin de Dieu à chaque instant. Nous cherchons alors librement Sa face, par la prière, par la lecture de Sa Parole, et en la mettant en action.


Notre « remorque » devient plus légère : nous ne portons plus que notre croix (Mt 16.24), ayant déposé notre fardeau (Mt 11.30). Elle ne nous entraîne plus dans une pente descendante. Et lorsque la pente se présente malgré tout, nous cherchons naturellement davantage Dieu et nous laissons renouveler par Son Esprit.


Enfin, machashabah peut aussi avoir un sens positif : pensées profondes, projets justes, desseins bons. En Ésaïe 55.7-8, Dieu promet le pardon à celui qui abandonne ses mauvais projets. En Jérémie 29.11, le même mot est utilisé pour parler des bons projets de Dieu pour notre vie.


Si tu reconnais que tes pensées sont vaines, si tu as glissé dans le légalisme ou l’orgueil, si des pensées iniques t’ont conduit au péché et que tu n’arrives plus à t’en sortir, ou si ton désir de passer du temps avec le Seigneur s’est affaibli, alors reviens à Lui. Cela signifie que tes pensées et tes projets ont laissé Dieu de côté. Mais Il a promis de pardonner à celui qui revient et qui cherche continuellement Sa face (1 Ch 16.11).


Prions

Seigneur, pardonne mes pensées vaines et renouvelle mon esprit par Ton Saint-Esprit. Libère-moi de mes mauvais penchants. Je place dès aujourd’hui toute pensée captive à Ton obéissance (2 Co 10.5). Je choisis de me consacrer davantage à Toi par la prière et la lecture de Ta Parole. Aide-moi à comprendre ma place dans le corps de Christ et transforme mes pensées orgueilleuses en pensées humbles. Merci Jésus !

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note

© 2020 par La leçon de l'orchidée - Créé avec Wix.com

bottom of page