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La leçon de l'immigration

Dernière mise à jour : 10 juil.

7-2020


J’ai quitté mon pays (la Belgique) depuis 2007. J’ai eu la chance d’immigrer avec ma famille (mes enfants) malheureusement, pas toute entière. Dernièrement, je parlais avec ma mère qui est âgée et nous échangions sur cela, elle m’interrogeait : Est-ce que tu ne regrettes pas d’être partie, d’avoir tout quitté pour habiter au Canada ? Est-ce que tu voudrais revenir dans ton pays d’origine ? Est-ce plus facile d’habiter ici ou là-bas ?


*Pixabay_Redik


Voici ma réponse et mes observations. La première chose est, si j’avais su tout ce que j’allais vivre ici, je pense que je ne serais jamais partie (heureusement que je ne connaissais rien à l’avance !) Ce que j’ai découvert, c’est que quelques soient nos conflits, nos difficultés, la famille et les amis(ies) restent la chose la plus importante que nous ayons. Rien ne remplace des tantes et des oncles, des grands-mères et grands-pères, des mères et des pères, des amies comme des sœurs ou des amis comme des frères.


Si j’habitais encore sur place j’aurais pu m’occuper de mes parents et dans l’épreuve j’aurais trouvé ceux et celles qui vous aiment inconditionnellement. Quand tous les amis(es) vous tourneraient le dos, la famille resterait et essayerait encore, et encore, et encore, parce-que c’est la famille ! J’ai trouvé qu’à certains moments de l’existence, tous ce que j’avais cru être « meilleur » ne l’était pas forcément. Au fond, dans chaque pays il y a du bon et du moins bon, il faut juste savoir tirer le meilleur parti de ce que nous avons là où nous sommes. Moi j’ai choisi mon immigration, c’était mon choix, mais je trouve cruel aussi que dans certains pays les gens soient obligés de tout quitter, parce-que les gouvernements des pays ne prennent pas leurs responsabilités face à leur peuple, ce n’était ni le cas pour mon pays d’origine, ni pour celui de mon adoption. Mais les répercussions dans les deux cas sont; l’éloignement des ainés (grands-parents) et des plus jeunes (petits-enfants) ce qui créé forcément un vide.


Cependant, non seulement je ne savais pas ce qui m’attendais (de bien et de mal), mais en plus ce qui m’attendait ne devait peut-être se faire qu'ici au Canada. J’ai découvert un endroit magnifique, que je (re)découvre sans cesse. Maintenant aussi mon pays d’origine, est devenu un lieu de villégiature… J’ai trouvé que j’étais bien chanceuse de pouvoir vivre un tel rêve ! Ce n’est pas toujours possible pour des personnes qui auraient voulu vivre la même chose, juste pour ces personnes-là, je me devais de me réjouir. J’ai trouvé aussi que mes enfants avaient bien réussit sur ce continent, c’était peut-être la « chance » de leur vie, une ouverture pour eux sur « le tout est possible, parce-que nous sommes ailleurs que chez nous », car qu’on le veuille ou pas, partir de son pays, pour aller dans un monde inconnu « transforme » votre pensée, l’élargie et c’est sans doute le plus important dans une immigration réussie. J’ai découvert aussi qu’il était possible d’accomplir de belles choses malgré les épreuves et le manque parfois criant de la famille, lorsque l’on veut vraiment voir le meilleur dans le pays d’adoption et que l’on fait preuve de persévérance…


Est-ce que je reviendrais dans mon pays ? J’ai trouvé que la question ne pouvait plus se poser aujourd’hui (sauf si Dieu pour une raison que j’ignore en décidait autrement). Je mets aussi en garde les gens qui « essaient » et qui après de longues années, « retournent ». J’ai vu de nombreuses personnes immigrantes ne plus pouvoir supporter leur pays d’accueil alors que dans leur rêve, ce pays semblait être « l’Eldorado », mais aucun pays ne peut régler tous nos problèmes. J’ai vu aussi autour de moi, que ceux qui « rentraient » parce qu’ils n’en pouvaient plus après de longues années, ne faisaient pas toujours le bon choix et que leur vie ne s’améliorait pas forcément, là-bas. Pour d’autres par contre, c’était le meilleur choix.


Soit dit en passant, je ne voie pas forcément le retour comme un échec, mais comme une réflexion qui t’amène à prendre la meilleure décision pour toi à ce moment, mais je sais que lorsque l’on passe beaucoup de temps « hors de son pays », le retour est égal à une immigration inversée ; de fait, les amis(es) ou « la nouvelle famille » qu’on a connu dans ce nouveau pays, il faut à leur tour les abandonnés, bref faire à nouveau le même chemin dans l’autre sens. Ce n’est d’ailleurs pas pour autant que l’on retrouve « les choses anciennes » que l’on a laissé derrière soi, car en général, elles n’existent plus. Tout est passé, les quartiers que l’on connaissait, les gens, la vie a continuée sans nous et c’est bien normal, puisque nous, nous sommes partis.


J’en profite pour demander pardon à tous ceux et celles que j’ai blessés(es) par mon départ et à tous ceux et celles qui sont restés(es) mes amis(es) malgré tout, et à ma famille si chère à mon cœur, je veux dire que « je vous aime follement ! » merci d’avoir fait partie et de faire toujours partie de ma vie, si généreusement, je trouve que oui, je suis bien chanceuse pour tous ces gens qui continuent à me supporter, à m’aimer et à faire partie de ma vie à « distance » et ici !


Finalement, si c’est ce qu’il fallait faire, quelques soient les obstacles, les épreuves, Dieu pourvoit toujours d’une manière ou d’une autre et nous aide à « franchir » les barrages qui s’érigent parfois sur notre chemin. Non je ne retournerais pas, même si j’aime ma famille, mon pays et mes amies, mais oui, c’est vrai qu’il y a toujours un tiraillement dans mon cœur pour ceux et celles qui sont là-bas, mais cela fait partie de ma vie (tout le monde peut partir d’une manière ou d’une autre). Je suis infiniment reconnaissante envers Dieu pour ma famille là-bas et ici, ainsi que mes amis(es) ici et là-bas…


Je tire mon « chapeau » pour tous les immigrants et immigrantes qui se battent tous les jours pour avoir « une vie meilleure » parfois sans famille, sans connaître personne ! Certains ne voulaient vraiment pas partir, mais ils y ont été obligés à cause des guerres, des famines… Tous ceux et celles qui essaient de tout leur cœur de s’intégrer dans leur pays d’adoption et non pas d’être « assimilés » par ce pays, car c’est de cette façon qu’ils et elles apporteront une « nouvelle valeur » dans celui-ci. Peut-être pourrions-nous créer un événement pour les immigrants(es) de toutes races, tous genres, toutes classes sociales, toutes religions, pour « échanger » nos histoires. Viendriez-vous à ce rendez-vous ?


Voici ma dernière réflexion; l’immigration, c’est toute une histoire dans un cœur, se sont aussi des blessures que l’on a choisie de s’imposer, des réussites que l’on n’imaginait même pas, des échecs et des remises en question et une grande transformation. Au fond, c’est l’histoire d’un nouveau monde, que certains et certaines auront choisi de vivre dans le pays de leur rêve.


Lorsque l’on a tout quitté, un seul nous accompagne, notre Dieu et notre famille reste pour toujours dans notre cœur.


« L’Éternel dit à Abraham : quitte ton pays, ta patrie et ta famille et va dans le pays que je te montrerais » (Gen12. 1)


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